RÉFORME LYCÉE ET BAC : NOTRE ENQUÊTE, VOS AVIS

lundi 15 janvier 2018
par  Sébastien LECOURTIER

RÉFORME LYCÉE ET BAC :

NOTRE ENQUÊTE, VOS AVIS

Par Jean-Rémi GIRARD, vice-président du SNALC,
Alice EISSEN, secrétaire nationale à la pédagogie et Anne-Marie Le Gallo secrétaire nationale à l’enseignement professionnel et technologique
Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1412 - JANVIER 2018

BILAN DE LA RÉFORME PRÉCÉDENTE

Sans surprise, vous tirez un bilan extrêmement négatif de la réforme Châtel de 2010. Les TPE ne sont soutenus dans aucune discipline (même si les sciences expérimentales s’y retrouvent davantage). Même constat pour les enseignements d’exploration : les collègues de la voie générale en tirent très majoritairement un bilan négatif (22 % pour, 53 % contre) ; ceux de la voie technologique sont plus nuancés (35 % pour, 47 % contre).

L’accompagnement personnalisé vous semble plus utile, notamment en ce qui concerne l’aide à l’orientation et l’approfondissement disciplinaire. En revanche, il est plus difficile de s’en servir pour un réel soutien aux élèves en difficulté.

CLASSE DE SECONDE

La commission Mathiot avait sollicité notre opinion sur une possible organisation semestrielle, et ce dès la seconde. Vos réponses sont sans équivoque. Si vous n’êtes pas fondamentalement opposés au principe des semestres (50 % pour, 42 % contre), vous n’accepterez pas d’avoir 2 emplois du temps différents sur l’année (32 % pour, 58 % contre) et encore moins de voir votre service annualisé (27 % pour, 63 % contre).

Par ailleurs, 70 % des collègues de la voie générale souhaitent que l’on distingue seconde générale et seconde technologique. Cela montre bien le problème des classes de seconde actuelles et votre volonté que les élèves commencent à faire des choix en fin de collège. Ainsi, 43 % des collègues de la voie générale pensent qu’il faut choisir une forme de spécialisation disciplinaire en fin de 3e (contre 26 % en milieu de seconde et 21 % en fin de seconde). Les professeurs de la voie technologique sont nettement plus partagés sur cette question.

VOIE GÉNÉRALE

Vous actez l’existence d’une hiérarchie des séries entre S, ES et L. Cette hiérarchie se double d’un manque de spécialisation scientifique de la série S, particulièrement en mathématiques (76%) et physique-chimie (81%). De manière générale, vous jugez (à 62%) toutes séries confondues, que les élèves ne peuvent suffisamment se spécialiser dans votre discipline pour assurer de bonnes poursuites d’études. Ce chiffre atteint 82% en physique-chimie contre 48% en histoire-géographie.

De ce fait, vous êtes majoritairement favorables à ce que l’on remplace les séries actuelles par un autre système soit avec davantage de séries (51 % pour, 24 % contre), soit avec un choix de 2 majeures et 2 mineures (62 % pour, 21 % contre).

VOIE TECHNOLOGIQUE

Vous êtes extrêmement divisés sur une réforme de la voie technologique qui impliquerait la fusion de plusieurs filières aboutissant à un tronc commun et des modules technologiques, sans perte horaire. Fort de la triste expérience de la réforme STI, le SNALC partait avec de fortes réserves sur ce type d’évolution. Il veillera donc à défendre les différentes séries technologiques existantes. En effet, nous sommes persuadés qu’un tel changement impliquerait des pertes d’heures et de postes.

Par ailleurs, les débouchés de la voie technologique sont très clairs : d’après vous (60 %), les élèves sont convenablement préparés pour poursuivre leurs études en BTS, ce qui n’est pas le cas pour accéder à la licence (11 %). Enfin, vous défendez la spécificité que constitue l’enseignement technologique en LV étrangère (61 % pour, 15 % contre).


LE BACCALAURÉAT

Le SNALC vous a interrogé sur de nombreuses pistes évoquées par la commission ou « dans l’air du temps ». Vos réponses sont très claires. Si contrôle continu il doit y avoir, son poids dans l’obtention du bac doit être minoritaire. Quant à ses modalités, vous plébiscitez à 64 % l’organisation de partiels sur une semaine banalisée, en première et terminale, avec anonymat des copies. A l’inverse, vous rejetez à 72 % les épreuves terminales où vous évaluez les élèves que vous avez eus en classe (type évaluation des compétences expérimentales en S ou STL).

Reste enfin la question complexe du nombre et du type d’épreuves. Le SNALC constate depuis plusieurs années un paradoxe dans la relation des collègues au bac : d’un côté, nous sommes extrêmement attachés à son caractère national et anonyme ; de l’autre, nous nous plaignons à juste titre de sa lourdeur pour un résultat peu satisfaisant.

C’est pourquoi nous vous avons demandé à quelles conditions vous étiez prêts à accepter un bac fondé sur moins d’épreuves terminales. Le résultat est sans appel : vous êtes 78 % à accepter qu’il y ait moins d’épreuves à condition qu’elles soient disciplinaires, de qualité et que leurs résultats soient pris en compte pour l’affectation dans le supérieur.

En revanche, vous rejetez un oral pluridisciplinaire (proposition forte de la commission Mathiot) : à peine plus de 20 % des collègues y sont favorables.

Le SNALC se voit ainsi conforté par vos retours dans ses analyses et propositions et continuera de défendre votre conception du lycée et du bac auprès de la commission et du ministre.