Cette « bienveillance » qui fait des dégâts sur les enfants...

vendredi 15 décembre 2017
par  Thierry TIRABI

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LA « BIENVEILLANCE », QU’EST-CE QUE C’EST ?

La « bienveillance » est un terme de la novlangue ministérielle, qui désigne le contraire de ce à quoi le mot renvoyait à l’origine, et le contraire de ce qu’il est censé désigner. Le mot a été détourné de son sens et dévoyé par les pédagogistes hors-sol et par certains administratifs.

 

La bienveillance est en réalité une forme de malveillance, voire de « maltraitance » impalpable et pernicieuse, envers les élèves, leurs parents, le personnel enseignant, et le système éducatif lui-même.

 

Prôner cette bienveillance c’est prôner l’abaissement du statut des savoirs, et l’abaissement du statut de l’enseignant.


C’est tromper l’élève sur son niveau réel, quitte à ce qu’une fois adulte, il soit un peu tard pour qu’il puisse réagir. C’est donc rendre un bien mauvais service aux élèves.


C’est renoncer à l’effort, à la difficulté, à la mémorisation, à la rigueur et à la réflexion. Renoncer à apprendre et à progresser réellement. Renoncer à l’exigence dans le travail et les comportements.


C’est remplacer le travail par des jeux, de l’amusement pur, du « ludique », des occupations divertissantes et des « activités » plus proches du centre aéré ou du centre de loisirs que de l’apprentissage réel de savoirs et de connaissances.


C’est accepter de transformer progressivement les écoles, les collèges et les lycées en vastes garderies.

 

Bref, la « bienveillance » est une fausse bienveillance. Une porte vers le laxisme et la complaisance. Un mensonge et une duperie organisés. Un prétexte à toutes les démagogies et à de multiples renoncements.

 
A QUOI SERT LA « BIENVEILLANCE » ?

Cela permet de masquer la chute du niveau des élèves, mais aussi de flatter les élèves et leurs parents (puisque comme à L’Ecole des fans, tout le monde a gagné, parce que tout le monde est « génial »). La bienveillance est totalement démagogique. Elle permet d’acheter une paix sociale et de tromper les parents sur le niveau réel de leurs enfants.

 

Cela permet d’employer des animateurs de jeux, à la place d’enseignants hautement qualifiés, spécialistes de leur matière et de la transmission des savoirs. En pleine crise du recrutement, l’intérêt est d’ordre pratique et économique, budgétaire, comptable.

 

Cela permet aux chefs d’établissements d’afficher de bons chiffres aux résultats du brevet et du baccalauréat. Chiffres artificiels, mais qui entrent dans le calcul de primes salariales qui leur sont versées de façon légale mais opaque.

 

Cela permet enfin de mettre au pas les professeurs qui résistent et voudraient continuer à apprendre des choses solides aux élèves – en les isolant de leurs collègues qui eux acceptent de tricher, de truquer et relever leurs notes, afin de monnayer une certaine paix professionnelle.


La bienveillance est clairement identifiée comme un des instruments du harcèlement moral hiérarchique. D’une année sur l’autre, l’enseignant consciencieux, rigoureux et exigeant, apprécié des élèves et de leurs parents, devient celui qui manque de « bienveillance » et dont les moyennes de classe sont anormalement inférieures à celles des autres professeurs (qui eux, truquent les notes, et avec qui les élèves n’apprennent pas grand-chose, mais qui sont considérés paradoxalement comme de « bons » professeurs). Le processus de dénigrement et de harcèlement peut alors se déployer…

 

Pierre-André DIONNET, enseignant, rédacteur du blog « Mais faites taire ce p’tit prof’, bon sang ! ».

 
Planche de FABCARO, Les Inrockuptibles, 18 octobre 2017. Parution en album à venir.

 


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