ACCÈS AU PREMIER CYCLE SUPÉRIEUR : DES CHANGEMENTS DÈS CETTE ANNÉE

dimanche 12 novembre 2017
par  Sébastien LECOURTIER

ACCÈS AU PREMIER CYCLE SUPÉRIEUR : DES CHANGEMENTS DÈS CETTE ANNÉE

Jeudi 19 octobre, Daniel Fillâtre a remis à la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, son rapport sur l’accueil et la réussite des étudiants en premier cycle supérieur. 17 propositions sont présentées, dont certaines allant dans le bon sens pour le SNALC. En lien avec le cabinet de Mme Vidal, le SNALC s’est positionné sur chacune des propositions qui relevaient de son champ de syndicalisation (scolaire et supérieur) en explicitant les avantages et potentielles dérives de telle ou telle idée.
Lundi 30 novembre, en présence du premier ministre, Mme Vidal et M. Blanquer ont présenté le « plan étudiants », qui découle de la concertation et du rapport et comporte 20 mesures.

AU LYCÉE, TROIS POINTS SONT À RETENIR :

La nomination de deux professeurs principaux par classe de terminale, décision effective dès cette année avec la nomination du second au mois de décembre. Le but est d’assurer un suivi plus personnalisé et actif des questions d’orientation des élèves de terminale. Le SNALC sera vigilant sur le fait que chacun percevra bien l’intégralité de l’ISOE part modulable de terminale, comme le ministre l’a annoncé.

La création, entre septembre et Noël, de deux semaines de l’orientation (séparées dans le temps) pour préciser les projets d’orientation des jeunes. Le SNALC s’interroge sur les modalités effectives de mise en œuvre.
La formulation par le chef d’établissement après examen par le conseil de classe du second trimestre d’un avis sur chacun des vœux d’orientation. Ces avis seront transmis aux établissements du supérieur demandés par l’élève. Le SNALC soutient cette mesure qui redonne enfin un sens au conseil de classe.

LE BAC ?

Il reste le passeport pour accéder à l’enseignement supérieur. Mais, comme par le passé, un grand nombre d’élèves seront affectés dans le supérieur avant même d’avoir passé le baccalauréat puisque les propositions d’affectation seront formulées depuis le mois de mai. Le SNALC pèsera de tout son poids dans les discussions à venir sur le baccalauréat afin que ce dernier reflète le niveau réel de l’élève.

L’AFFECTATION

Elle se fera via une nouvelle version d’APB, dont on changera probablement le nom au passage. Cette plateforme permettra mettra aux élèves de s’informer sur la filière demandée (attendus, contenu de la formation, capacités d’accueil, statistiques…). Le nombre de vœux sera réduit à une dizaine et ces derniers ne seront plus classés par ordre de préférence. Les filières sélectives le restent et les non sélectives pourront désormais conditionner l’accueil d’un élève qui n’aurait pas les attendus nécessaires au suivi d’une remise à niveau, comme l’a demandé le SNALC lors de la concertation. Si nous nous réjouissons de ce conditionnement d’accès, nous sommes opposés à l’octroi de crédits ECTS pour ces périodes. En effet, ce principe constitue une rupture d’égalité face au diplôme car celui qui aura suivi un parcours spécial aura acquis de fait des crédits d’avance par rapport aux autres.

D’autre part, les vœux groupés dans certaines filières risquent de poser problème. Pour faire simple, à la place de PACES à Paris 6, ce sera PACES sur l’Ile de France. Si l’on entend la logique pour la répartition sur les différents sites (gestion des flux), on s’interroge sur la façon dont vont être opérées les affectations : qui va décider qui va où et sur quels critères ? Et avec ce principe, plus possible de choisir telle université qui a telle UE ou tel master.

Ainsi, les élèves de terminale auront pour réponse à chacun de leurs vœux oui/non/en attente pour les filières sélectives et oui/oui si/en attente pour les non sélectives. Dans le cas de filières non sélectives en tension telles que STAPS, c’est l’université qui décidera qui elle prend en fonction de la motivation, du parcours et du projet du futur étudiant. Et pour les élèves n’ayant aucune proposition d’affectation, c’est une commission académique qui lui proposera une formation proche de ses vœux.

EN LICENCE

Annonce a été faite, les universités proposeront, dans le cadre d’un contrat de réussite pédagogique, des parcours plus diversifiés : construits à la carte, accélérés ou accompagnés, de durées variables. La question du « comment ? » reste entière. Et la question du « qu’est-ce-que-c’est-que-cette-licence ? » aussi. Sauf erreur de compréhension de notre part, une licence sera obtenue sur la base des crédits ECTS acquis, et si aucun garde-fou n’est mis, on imagine très facilement les licences dans lesquelles tout compense n’importe quoi. Le SNALC a alerté le ministère sur les dangers que présente un tel fonctionnement.

La seconde difficulté relève des personnels nécessaires pour mettre en place et faire fonctionner un tel suivi. Si l’on annonce un directeur des études par grand champ disciplinaire, on s’interroge sur le nombre d’étudiants à gérer par personne. De plus, un contrat présuppose un engagement de la part de l’étudiant et pas uniquement de l’institution. Il conviendra de rester très vigilant à ce que ce contrat entre 2 parties ne dérive pas et assure bien que l’étudiant gagne en autonomie et se responsabilise face à ses études.
Par ailleurs, tout un pan de propositions porte sur les « nouvelles formes pédagogiques » qui seront encouragées pour « développer l’apprentissage par expérimentation » et « faire de l’étudiant un acteur de son propre enseignement ». On voit refleurir les mêmes inepties pédagogiques que dans le secondaire et nous espérons que la ministre saura s’en détourner.

Enfin, l’idée d’une licence professionnalisante nous intéresse dans la mesure où l’université aujourd’hui, du fait de sa massification, ne peut produire exclusivement des chercheurs. Néanmoins, elle doit continuer d’en produire. C’est pourquoi le SNALC défend un juste équilibre entre recherche et professionnalisation et maintient que de réelles licences professionnelles, notamment articulées avec les formations sélectives, doivent exister.

FOCUS SUR LES STAPS ET LA FIN DU TIRAGE AU SORT

Conséquence de la loi d’orientation de 1989, de la suppression des concours d’entrée en 1995 et de l’attractivité de la filière, les STAPS sont sous tension depuis de nombreuses années. En vue de réguler ces flux, des académies ont instauré un tirage au sort compréhensible mais inacceptable. Suite aux concertations entreprises, en présence du SNALC, un filtrage des candidats fondé sur une évaluation préalable « d’attendus » va réintroduire un recrutement positif et sensé des étudiants, dans cette filière.
Ces attendus, sont définis comme les « connaissances et les aptitudes » qui sont nécessaires à l’entrée dans l’enseignement supérieur. Ainsi des compétences scientifiques, rédactionnelles, sportives et associatives seront examinées et attestées par le type de baccalauréat obtenu, par les notes acquises dans ces domaines au cours des 5 trimestres de première et de terminale, et par des expériences validées en dehors du cadre scolaire (niveau sportif ou d’investissement associatif). Le SNALC a soutenu ce projet en émettant cependant des réserves au sujet de la validation transparente, objective et équitable, des compétences associatives.
À côté de cette mesure phare, d’autres propositions d’amélioration faisant davantage consensus ont été avancées, comme le développement de moyens pour renforcer l’information des lycéens en vue d’une orientation éclairée (professeurs d’EPS référents et plateforme numérique commune sur les filières et métiers du sport…), l’augmentation des capacités d’accueil et la diversification des offres de formation (plan d’urgence, création d’antennes STAPS et d’un BTS « métiers du sport » …) et l’accompagnement des étudiants (tutorat, flexibilité des parcours, parcours en alternance…) pouvant donner lieu à un « contrat de réussite » qui devra s’appuyer en premier lieu, pour le SNALC, sur un engagement effectif et responsable des étudiants.

Par Jean-Rémi GIRARD, vice-président du SNALC-FGAF,
Alice EISSEN, secrétaire nationale à la Pédagogie,
Laurent BONNIN, secrétaire national à l’EPS


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