Réforme du collège : l’intersyndicale en rang serré (http://www.humanite.fr)

jeudi 12 novembre 2015
par  LECOURTIER Sébastien

Sylvie Ducatteau
Jeudi, 12 Novembre, 2015
Humanite.fr

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Photo : Jean-Paul Pélissier/Reuters
Pour les quinze syndicats enseignants opposés à la réforme rien n’est joué même si la ministre fait tout comme. Une nouvelle semaine de mobilisation est prévue à partir du 23 novembre.

Face à la presse, ce jeudi matin, l’intersyndicale (1) est apparue plus soudée que jamais contre la réforme du collège. Les quinze organisations syndicales des professeurs du public, mais également certains syndicats des enseignants du privé, sont très remontées contre Najat Valaud-Belkacem. D’une même voix, ils lui reprochent, d’une part, sa main de fer pour imposer une réforme majoritairement rejetée. D’autre part, d’avoir fermé sa porte à tout dialogue. « Je suis pourtant expérimenté mais c’est la première fois que je vois cela », a expliqué François Portzer, le responsable du SNALC, évoquant la fin de non recevoir de la ministre à une demande d’entretien de l’intersyndicale. Pour les syndicalistes, ce refus sous la forme d’un courrier lapidaire, signé du chef du cabinet de la ministre, en dit plus long que le prétexte avancé des problèmes d’agenda.

"c’est une réforme technocratique que l’on nous impose"

« Nous payons l’absence de toute réflexion, tous débats, sur la réforme pédagogique du collège qu’il faudrait entreprendre pour agir contre les inégalités scolaires et pour garantir la réussite de tous les élèves. N’aurait-il pas été judicieux de poser la question de prolonger l’obligation scolaire à 18 ans sachant que presque tous les jeunes sont encore scolarisés à cet âge et qu’ils quittent le collège à 15 ans ? Mais, il aurait fallu repenser tout le système. Alors, on ne l’a pas fait. Du coup, c’est une réforme technocratique que l’on nous impose », complète Frédéric Rolet, la co-secrétaire du SNES-FSU.

Il semble que le feu couve dans les collèges. Les syndicats font état de nombreuses assemblées générales mais surtout de manifestations d’impatience à l’occasion des premières vagues de formation à la réforme lancée la semaine dernière. Contraints d’y participer, les professeurs découvrent l’étendue des transformations qui leur sont imposées. « Ces séances sont surtout destinées à vanter les bienfaits de la réforme sans apporter de réponse aux questions des enseignants », ont critiqué les syndicats. Le SNES recense sur son site des témoignages éloquents de participants (http://www.snes.edu/Les-formations-a-la-reforme.html#1). De Vienne, Poitiers, Marseille, Paris, de l’Académie de Créteil, s’expriment les mêmes critiques : une réforme précipitée, des horaires disciplinaires réduits, aucun temps prévus pour la coordination des projets interdisciplinaires. Même un syndicat comme le Sgen-CFDT, favorable à la réforme, a tiré la sonnette d’alarme fin octobre, regrettant que les sessions de formation des enseignants n’étaient « pas à la hauteur des attentes et des enjeux »…

Pas garantie d’emploi en cas de suppression de postes

Fait nouveau : l’inquiétude commence à gagner les enseignants des établissements du privé en contrat avec l’Etat à qui la réforme s’impose également. Un courrier du rectorat de Nantes les a mis en alerte. Ce dernier les invite à préparer leur reconversion au cas où leur discipline viendrait à disparaître. Martine Verdonck, responsable Sud dans l’enseignement privé, a notamment précisé qu’elle-même et ses collègues n’avaient pas de garantie d’emploi en cas de suppression de leurs postes. 

D’ici à septembre, l’intersyndicale compte bien obtenir le retrait du décret et de l’arrêté d’application de la réforme. Le gouvernement avait ordonné la publication de ces textes au lendemain d’une grève majoritaire des enseignants, le 20 mai dernier. « Il va se passer beaucoup de choses d’ici à la prochaine rentrée, notamment l’annonce des dotations horaires globales (DHG) attribuées aux collèges. On y verra clair sur les moyens réellement attribués à la réforme », ont indiqué les syndicats.

 

(1) L’Intersyndicales contre la réforme du collège est composée : CGT Educ’action, CGT Educ’action de l’enseignement privé, SIES, CNGA (CFE-CGC), SNALC, Action et Démocratie (CFE CGC), SNFOLC (FO), SFSDPEP (FO), SNETAA (FO), SUNDEP (Solidaires), Sud Education (Solidaires), Snes (FSU), Snep (FSU), SUN.EP (FSU), SNCL.

Sources : http://www.humanite.fr/reforme-du-college-lintersyndicale-en-rang-serre-589554


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