LANGUES VIVANTES : LA CORRECTION DES E3C AU PAYS DES FÉES

vendredi 10 janvier 2020
par  Sébastien LECOURTIER

LANGUES VIVANTES  : LA CORRECTION DES E3C AU PAYS DES FÉES

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1436,
Par Sébastien VIEILLE, secrétaire national chargé de la pédagogie
Le 09 janvier 2020


© iStock - ajr_images

On sait désormais que la correction des E3C sera rémunérée à hauteur de 50 euros par classe. Si le SNALC attend toujours que le concept de classe dans la réforme soit expliqué et s’il entend toujours négocier pour amener cette rémunération au même niveau que celle du bac, il suit la mise en place de ces épreuves et ne trouve rien de réjouissant dans les grilles de correction des langues vivantes.

Le SNALC a très vivement critiqué des programmes de langues vivantes en première et en terminale. Les contenus linguistiques y restent indéfinis et les six axes à traiter sur les huit existants introduisent une lourdeur intenable. L’inspection générale préconise des séquences de trois à quatre séances. Mais faire cela confinerait à un saupoudrage inacceptable.

Comme nous l’annoncions, les professeurs doivent désormais courir après le temps, à cause d’un programme mal calibré. Et faire un travail de qualité – c’est-à-dire faire en sorte de faire progresser les élèves en langue et non seulement leur donner des compétences et des contenus culturels – devient une tâche plus qu’ardue.

Finalement, arrive ce paradoxe qui ne pourra qu’interpeller et énerver au plus haut point nos collègues : les attendus lors de l’évaluation. Ces attendus, chacun peut les admirer sur Eduscol¹.

Sans entrer dans le détail, le SNALC note qu’un élève se situant entre A2 et B1 aura la moyenne, en première comme en terminale, dans les activités de réception comme dans les activités de production. Mais laissons de côté cette nomenclature du CECRL qui peut rappeler la bataille navale pour exprimer tout cela en des termes clairs. Un élève qui a une bonne maîtrise de structures simples, qui est globalement intelligible, qui peut comprendre les grandes lignes d’un document sera assuré d’avoir la moyenne.

Le niveau visé en cinquième suffira en première et celui visé en troisième sera considéré acceptable en terminale. Bref, pour le SNALC, beaucoup de bruit pour rien.

¹https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Annales_zero_BAC_2021_1e/03/2/S0BAC21-1e-Tle-COM-LV-aide_a_l-evaluation_1207032.pdf

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