AESH : LE COMPTE N’Y EST PAS

samedi 24 août 2019
par  Sébastien LECOURTIER

AESH : LE COMPTE N’Y EST PAS


Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1460, juin 2019
Par Danielle ARNAUD, secrétaire nationale chargée des contractuels
Dès octobre 2018, le SNALC avait compris - comme beaucoup d’entre vous - que l’École inclusive était devenue une priorité nationale et qu’elle passerait (enfin !) par la pleine reconnaissance des AESH comme professionnels à part entière, et donc par une réelle revalorisation de leur métier. Mais, entre les intentions et les faits, il y a parfois un gouffre, et aujourd’hui, force est de constater que les améliorations applicables à la rentrée 2019 pour les AESH sont bien en deçà des annonces ministérielles et de nos revendications.

En effet, la « nouveauté » qui peut être perçue comme une avancée réside dans la généralisation des CDD de 3 ans, renouvelables une fois. Mais les AESH devront encore patienter 6 ans avant une éventuelle proposition de CDI et les années de contrats aidés ne seront toujours pas prises en compte. Le SNALC a participé à la rédaction de la circulaire « cadre de gestion des personnels AESH ». Elle devrait stipuler que :

  • Les offres d’emploi en CDD de 3 ans soient obligatoirement publiées sur la Place de l’emploi public ;

  • Des AESH référents soient identifiés pour apporter un appui aux AESH du territoire ;

  • Le temps de travail invisible des AESH soit enfin reconnu et rémunéré par un forfait d’1 à 2 heures hebdomadaires ou par un allongement du contrat, qui pourrait être porté à 41 semaines minimum ;

  • Les AESH aient un accès effectif aux outils et documents utiles pour l’accompagnement des élèves concernés ;

  • Les AESH rencontrent l’élève et la famille avant le démarrage effectif de l’accompagnement ;

  • Les compétences, les parcours, la situation familiale et les voeux des AESH soient mieux pris en compte lors des affectations ;

  • La valeur professionnelle des AESH soit mieux évaluée ;

  • La réévaluation indiciaire puisse être de 6 points d’indice pour chaque niveau ;

  • Les AESH ne réalisent que les missions qui leur incombent.

Or, cette circulaire ne fait que toiletter le cadre réglementaire existant et ne permet pas une sortie de la précarité. Pour un vrai statut des AESH, il aurait fallu une réelle volonté politique d’aller au-delà du rafistolage. Face à nos critiques, le ministère nous a annoncé un plan ambitieux rapidement… Attendons de voir !■



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