LANGUES VIVANTES : UN VENT DE CHANGEMENT ?

dimanche 9 juin 2019
par  Sébastien LECOURTIER

LANGUES VIVANTES :

UN VENT DE CHANGEMENT ?

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1460, juin 2019
Par Sébastien VIEILLE, secrétaire national à la pédagogie
Il ne s’agit « que » d’un amendement et d’un voeu portés par le SNALC lors du Conseil Supérieur de l’Éducation qui n’a intrinsèquement qu’un rôle consultatif. Mais les votes peuvent donner un espoir dans le combat que notre syndicat mène pour la liberté pédagogique des collèges.

Le septième texte examiné par le CSE du 16 mai 2019 portait sur les programmes de langues, littératures et cultures régionales. Sur les contenus eux-mêmes, il y avait assez peu à dire ; si ce n’est que l’on pouvait regretter qu’en l’absence d’une bibliographie conséquente en langue cible, l’on dût se contenter de faire de la langue autour d’un texte en français.

C’est le préambule que le SNALC trouvait critiquable. Un amendement fut donc déposé demandant que l’on supprimât toute mention de « l’approche actionnelle » dans les programmes de cette spécialité. L’argument du SNALC était double. La langue se place dans une logique de communication, la mettre au service – en tant que langue véhiculaire – d’une tâche n’a pas grand intérêt et entrave la liberté pédagogique des collègues. Par ailleurs, en spécialité, l’on sera amené à étudier des textes littéraires ou à s’intéresser à des questions civilisationnelles. Dans ce cadre, les tâches finales sont totalement hors de propos. Et, alors que le SNALC avait déposé le même type d’amendement sur les programmes de langues, littératures et civilisations étrangères en vain, celui-ci fut assez largement voté.

L’on eût pu penser que cela était marginal et uniquement lié aux langues régionales. Que nenni ! En effet, sur le même texte, le SNALC porta un voeu aux voix du CSE : qu’à l’avenir, les programmes de langues vivantes comportent des objectifs et des thématiques mais que l’on en retire toute incitation ou toute obligation à privilégier une approche au détriment d’une autre. Ce voeu fut largement voté et ne reçut aucune voix contre. Certes, il manquait un syndicat que d’aucuns qualifieraient de « pédagogiste ». Mais ce résultat montre que le combat pour la liberté pédagogique lancé par le SNALC commence à porter ses fruits dans les esprits.■